19 janvier 2022
Sur le ring et dans sa vie personnelle
Victoire unanime pour Mathis Grenier
Par: Annie Gagnon

Mathis Grenier a remporté un combat important aux Gants d’argent. (photo gracieuseté Way Productions)

Mathis Grenier, étudiant en sport-études boxe à l’école secondaire du Triolet de Sherbrooke, a remporté une importante compétition. Le pugiliste de Sainte-Christine, qui a pris part à la compétition Gants d’argent, un programme de boxe organisé par la Fédération québécoise de boxe olympique (FQBO), entend bien poursuivre son cheminement dans les prochains mois.

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L’histoire de Mathis est touchante. À 13 ans, victime d’intimidation depuis trop longtemps, il était tout prêt de baisser les bras et de sombrer dans la noirceur. Heureusement, son histoire se termine bien puisqu’il a eu la chance d’être épaulé pour faire face à l’adversité. Trois ans plus tard, à 16 ans, il est reconnaissant du support qu’il a reçu de sa mère, sans qui sa vie aurait probablement basculé.

« Sans entrer dans les détails, j’ai commencé la boxe car j’ai vécu beaucoup de violence et de mépris durant mon parcours scolaire. En secondaire 2, c’était trop pour moi. Les injustices se sont multipliées, ce qui me faisait vivre énormément de frustration et de peine. C’est dans cette période de noirceur que j’ai changé d’école, grâce aux précieux conseils de ma mère. Par la suite, au Triolet, j’ai découvert la boxe qui m’a permis de reprendre ma vie en main et de rebâtir mon estime », explique le jeune boxeur.

Sport-études

C’est donc à l’âge de 13 ans que Mathis a intégré le programme de sport-études boxe. Depuis, il en a mangé des coups, au sens figuré comme au sens propre, mais il n’a jamais abandonné.

« Mes débuts en boxe n’ont pas été faciles. Je n’ai pas été gâté en habiletés naturelles, mais comme on le dit souvent, la boxe est une continuelle leçon d’humilité. Pour moi, c’est particulièrement vrai puisque pendant les deux premières années, je me faisais humilier en sparring. Je devenais meilleur peu à peu, mais rares ont été les fois où je dominais le sparring. Le 15 décembre 2019, j’ai perdu un combat par décision unanime des juges. Ça m’a fait très mal, mais je me suis relevé de cet échec. »

Gants d’argent

Le 7 septembre 2021, un drame personnel est venu secouer Mathis et sa famille.

À la suite de cet événement, Mathis a fait preuve de résilience et il a libéré toute sa hargne à l’entraînement. Cette énergie du désespoir lui a permis de puiser en lui une force qui lui était inconnue et de signer deux victoires, soit la première par décision unanime et la seconde par arrêt préventif de l’arbitre. Ces deux performances lui ont permis de remporter la médaille d’or aux Gants d’argent.

« Le 7 septembre, mon cousin Nicolas Yerly Cloutier s’est suicidé. Sa mort a complètement changé ma manière de m’entraîner et pour moi, la médaille d’or que j’ai gagné lui revient totalement. J’en garderai toujours un très bon souvenir. Mes adversaires se sont très bien défendus et ont fait preuve d’un esprit sportif que je respecte énormément », affirme celui qui arbore maintenant une fiche de quatre victoires et une défaite.

Deux compétitions importantes étaient à l’agenda du jeune homme pour les prochains mois, mais celles-ci ont été mises sur la glace au même titre que toutes les compétitions sportives, et ce, jusqu’à nouvel ordre.

« À court terme, j’avais des compétitions importantes en vue, comme la Brampton Cup et les Jeux du Québec. Mais tout a été annulé à cause de la pandémie. Comme bon nombre de pugilistes, j’aimerais devenir le meilleur boxeur à avoir mis les pieds dans un ring. À long terme, je souhaite montrer ma gratitude envers mes entraîneurs et l’entièreté du Club de boxe de Sherbrooke en devenant, un jour, champion canadien », conclut Mathis.

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