3 mars 2021
Pandémie de COVID-19
Une lueur d’espoir pour les cabanes à sucre
Par: Alain Bérubé

Les cabanes à sucre sont sur le qui-vive, ne sachant pas encore si elles pourront opérer leurs salles à manger ce printemps. (photo Érablière Au Bec Sucré)

La pandémie de COVID-19 a fortement miné la saison des sucres au printemps 2020. Alors que les cabanes à sucre espèrent encore ouvrir leurs salles à manger, les producteurs s’en sortent bien grâce à la réorganisation de leurs ventes.

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Les nombreuses restrictions portant sur les rassemblements publics ont fait mal aux propriétaires de cabanes à sucre qui misent sur leurs salles à manger pour attirer de nombreux clients.

Les pertes de revenus peuvent s’élever jusqu’à 90 %.

« L’an dernier, on s’attendait à une très bonne saison avant que la pandémie vienne tout bouleverser. Les nombreuses annulations nous ont bien sûr fait très mal », affirme Madeleine Roberge, copropriétaire de l’érablière Au Bec Sucré, à Valcourt.

Mme Roberge garde toutefois espoir que les salles à manger puissent être éventuellement ouvertes au public d’ici les prochaines semaines.

« On souhaite évidemment que ça se déroule en toute sécurité. Si les bulles familiales sont permises, ce sera un bon début. L’aide financière gouvernementale peut donner un coup de main aux entreprises comme la nôtre, mais on aimerait beaucoup mieux revoir notre clientèle, car c’est toujours très agréable », confie-t-elle.

Jean Deslandes, qui opère une érablière à Roxton Falls, se montre réaliste pour la saison des sucres 2021.

« Ça ne vaut pas la peine d’ouvrir la salle à manger si seulement quelques personnes à la fois peuvent y accéder. Tant mieux si la situation s’améliore, mais nous nous concentrons davantage sur nos services de traiteur », dit-il.

Québec épaule les acériculteurs

Le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, André Lamontagne – également député de Johnson -, a annoncé récemment plusieurs mesures visant à soutenir les cabanes à sucre, dont une aide financière de 50 000 $ pour la plate-forme « Ma cabane à la maison » ainsi que des réaménagements favorisant la livraison à domicile et le financement des inventaires de sirop d’érable invendus.

De plus, si les normes sanitaires le permettent, la période permise pour le service de repas dans les cabanes à sucre sera prolongée.

« En plus de soutenir un secteur économique important, les mesures additionnelles, comme l’appui à l’initiative Ma cabane à la maison, permettront à plusieurs Québécoises et Québécois de profiter d’un succulent repas de cabane à sucre à la maison. Je les invite à soutenir nos acériculteurs en profitant pleinement de la saison des sucres qui s’amorce », déclare M. Lamontagne.

Une production en santé

Les producteurs d’érable ont pu, de leur côté, très bien se tirer d’affaires l’an dernier.

« La demande a été très forte en 2020. Avec la pandémie, bien des gens ont retrouvé le plaisir de cuisiner à la maison et les produits de l’érable ont été très populaires. Et l’achat local gagne de nouveaux adeptes », soutient Johanne Guilbert, de l’Érablière Guilbert, à Sainte-Christine.

Même son de cloche pour Nicolas Baron, copropriétaire du Domaine du Cap – Érablière et vignoble, situé à Acton Vale.

« En misant sur le Web et la livraison, nous avons connu une excellente année 2020. On a élargi notre réseau de distribution, avec une clientèle de plus en plus grande à l’extérieur de la région. En temps de crise, il faut savoir se réinventer », clame-t-il.

Le syndicat des producteurs et productrices acéricoles de la Montérégie-Est, affilé à la Fédération de l’UPA de la Montérégie, affiche un bel optimisme pour 2021.

« Les objectifs de ventes pour les prochaines années sont ambitieux et nous croyons les atteindre tant ici dans nos régions qu’à travers le monde parce que de plus en plus les consommateurs découvrent le sirop d’érable, ses produits dérivés et y prennent goût », indique le président David Hall.

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