7 juillet 2021
Robert Dumaine, des recherches qui mettent en vedette les rythmes cardiaques
Par: La Pensée de Bagot

Robert Dumaine, PhD, est professeur titulaire au Département de pharmacologie et physiologie de la Faculté de médecine de l’Université de Sherbrooke. (photo gracieuseté)

Cet ancien professeur de physique à la Polyvalente Robert-Ouimet, originaire d’Acton Vale, en a fait du chemin depuis ses années d’enseignement au secondaire, au milieu des années 80. Robert Dumaine, aujourd’hui professeur titulaire du Département de pharmacologie et physiologie de la Faculté de médecine de l’Université de Sherbrooke, a fait des problèmes reliés aux rythmes cardiaques, le cœur même d’une carrière fructueuse de chercheur scientifique à la renommée certaine.

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Après des études universitaires à l’UQAM en physique et quelques années d’enseignement à Acton Vale, le jeune chercheur a entamé un doctorat en biophysique à l’Université de Sherbrooke pour se retrouver par la suite au postdoctorat à Houston, aux États-Unis. Pendant une dizaine d’années, le chercheur émérite a œuvré dans plusieurs laboratoires américains, dont ceux du Masonic Medical Research, dans l’État de New York, où il fonde le groupe de recherche en cardiologie moléculaire. Déjà, la plupart de ses recherches s’articulaient autour des problèmes du rythme cardiaque, soit les arythmies cardiaques.

De retour à l’Université de Sherbrooke, en 2004, en tant que professeur titulaire, Robert Dumaine continue à approfondir le mystère des courants électriques qui traversent notre cœur, tout en découvrant que plusieurs gènes du cerveau agiraient également sur le celui-ci.

« Notre cœur fonctionne de manière électrique. Dans ce dernier, certains canaux contenus dans les cellules cardiaques – les canaux sodiques – s’ouvrent et génèrent du courant électrique. Mais nous avons aussi découvert que certains canaux qui s’ouvrent dans les cellules cérébrales agissent également sur le cœur et modifieraient même certains gènes chez les gens souffrant d’épilepsie, par exemple », explique M. Dumaine.

Ces modifications, loin d’être banales, pourraient changer l’amplitude électrique du cœur et causer ainsi des problèmes de rythme. « Les personnes épileptiques ont 30 % de chance de souffrir de problèmes cardiaques, ce qui est donc loin d’être négligeable pour cette population », ajoute-t-il.

Décoder les mécanismes de ces canaux

Récemment, un financement du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG) permet à Robert Dumaine et à son équipe de poursuivre des travaux encore plus avancées sur les mécanismes qui régissent ces gènes cérébraux et cardiaques, de même que sur l’implication des canaux sodiques sur l’activité du cœur.

« Nous souhaitons déterminer qu’est-ce qui gère ces fameux canaux sodiques et peut-être nous aider à comprendre certaines pathologies. C’est un projet sur le long terme puisque le financement nous donne 40 000 $ par année sur cinq ans. Est-ce que nous pourrions venir à contrôler ces courants électriques par un traitement pharmacologique? Nous avons encore beaucoup de recherches à effectuer », conclut le professeur.

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