22 juillet 2020
Publicité : c’est le moment de boycotter Facebook
Par: La Pensée de Bagot

MARTIN BOURASSA RÉDACTEUR EN CHEF

Initié aux États-Unis dans la tourmente provoquée par la mort de l’Américain George Floyd sous le genou d’un policier, un large mouvement de protestation contre la prolifération de publications antisémites et anti-Noirs sur Facebook gonfle et vient d’atteindre le Québec.

Publicité
Activer le son

De par le monde, des centaines d’organi- sations et d’entreprises ont décidé de boycotter Facebook en retirant ou en suspendant leur publicité de ce réseau social où se côtoient le meilleur comme le pire. Elles reprochent essentiellement à Facebook de propager le racisme, la haine, la désinformation et la violence. Et ceux et celles qui s’y abreuvent à répéti- tion, et ils sont nombreux, ne trouveront certainement rien à redire là-dessus.

Dans le lot des entreprises qui ont adhéré à ce mouvement, on retrouve entre autres de gros joueurs comme Unilever, Coca-Cola, Ford et Adidas. Au Québec, on peut ajouter à cette liste des noms significatifs comme Desjardins, la Banque Nationale et IGA. Même le gouvernement du Québec a décidé de couper tous ses placements publicitaires sur Facebook en juillet, une mesure qui s’étend à tous les ministères et orga- nismes gouvernementaux. Les villes de Laval et Québec ont aussi emboîté le pas, dans ce dernier cas jusqu’à nouvel ordre. C’est dans cet esprit que j’invite les municipalités, les institutions publiques/privées ainsi que les PME des régions d’Acton et de Valcourt à tourner le dos à Facebook pour leur publicité. Ce boycottage doit même devenir permanent. Comme le sont les dommages causés par Facebook au monde des médias traditionnels.

Selon les calculs des Amis de la Radiodiffusion, Facebook engrange des milliards de dollars grâce aux contenus produits en bonne partie par des journalistes, sans permission et sans rémunération. Tant et si bien que depuis 2009, près de 20 000 emplois ont été perdus dans le milieu média- tique au Canada. Il faut que cela cesse. Voilà une raison de plus de boycotter Facebook indéfiniment. L’effet d’entraînement doit donc se poursuivre auprès d’entreprises de toutes tailles, dans la mesure où nombre de PME engraissent Facebook et permettent au géant de la désinformation de s’enrichir allè- grement. Il y a longtemps qu’une réflexion personnelle, collective et corporative aurait dû être menée autour des pratiques de Facebook. Son grand gourou, Mark Zuckerberg, n’a pas caché son mépris face au boycottage et il ne donne pas l’impres- sion de vouloir réviser les pratiques et le fonctionnement de son entreprise. Cette réaction invite à l’action.

C’est dans cet esprit que DBC Communications et le journal La Pensée ont décidé de faire écho à ce grand mouvement de contestation.

À l’heure de l’achat local et de la consommation responsable, il nous apparaît essentiel de soutenir et d’encou- rager des médias locaux qui prêchent par l’exemple en matière de bonne informa- tion. Acheter local, cela signifie aussi annoncer ses biens et services dans des hebdomadaires locaux qui se compor- tent en bon citoyen corporatif, qui paient des taxes et qui font travailler des gens d’ici. Des artisans dédiés à produire de l’information de qualité et à combattre la désinformation. Des gens qui dépensent ensuite dans des commerces locaux, question de faire tourner la roue.

Aussi puissant et omniprésent qu’il puisse être, Facebook ne fait pas ça. Il ne couvre pas vos activités, vos conférences de presse et ne s’intéresse nullement à nos réussites collectives. Il préfère prendre sans demander et sans payer, puis relayer sans rien donner en retour.

Et ne cherchez surtout pas de contra- dictions dans notre rapport avec ce réseau social si controversé. Nore journal est présent sur Facebook et nous l’utilisons gratuitement comme vitrine pour rejoindre les gens qui s’y trouvent et les attirer sur notre site Internet et nos divers produits. Nous n’y sommes pas pour l’enrichir par la bande et encore moins pour endosser ses pratiques et son éthique discutables.

Martin Bourassa
Rédacteur en chef

image