5 mai 2021
Consultation publique virtuelle
Porcherie à Maricourt : un débat entre l’agriculture et le tourisme
Par: Alain Bérubé

La consultation publique portant sur le projet de porcherie à Maricourt tenue le 28 avril, sur Zoom, a eu lieu sur un ton courtois. Quelques citoyens ont exprimé leur désaccord sur la trop grande part accordée aux projets agricoles d’envergure aux dépens du développement touristique de la MRC du Val-Saint-François.

Lors de la consultation publique sur le projet de porcherie à Maricourt, tenue en mode virtuel le 28 avril, une bonne partie des débats a porté sur la pertinence de prioriser de telles initiatives au détriment d’un développement basé sur le tourisme.

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En tout, une trentaine de citoyens ont participé à cette rencontre mise sur pied par la MRC du Val-Saint-François.

Le préfet de la MRC, Luc Cayer, a rappelé que cette consultation n’avait pas pour but d’empêcher la construction de la porcherie, le but étant de faciliter la compréhension et l’acceptabilité du projet tout en étant à l’écoute des citoyens.

Sur un ton courtois, mais ferme, quelques citoyens ont vertement critiqué la pertinence du projet piloté par Dannick Chaput, de Saint-Valérien-de-Milton, qui désire opérer un élevage porcin de 3996 porcs entre le 7e et le 8e Rang, à Maricourt.

« Je me désole de voir qu’alors que le tourisme est une priorité ailleurs en Estrie, on développe ici l’agriculture à grande échelle. Il est grand temps d’attirer les jeunes dans nos régions », se questionne Kevin Ross, un enseignant du Cégep de Granby qui demeure à Maricourt.

Affirmant œuvrer dans un esprit de collaboration et non de confrontation, le Regroupement Action citoyenne Maricourt soutient que les nouveaux projets agro-industriels qui font leur apparition en région ne participent pas à la construction socio-économique de la MRC du Val-Saint-François.

« Non seulement parce qu’ils créent une pression supplémentaire sur notre environnement, mais aussi parce qu’ils créent souvent peu d’emplois pour les gens d’ici, ne sont pas toujours associés à la venue de nouvelles familles ou encore parce qu’ils sont susceptibles de nuire aux efforts de développement agro-touristique », déclare le regroupement dans une lettre acheminée à LA PENSÉE.

Le maire de Maricourt, Robert Ledoux, avoue avoir cheminé dans sa réflexion.

« J’ai bien aimé le déroulement de la consultation publique. Je me demande si l’arrivée du projet de porcherie en vaut vraiment la peine, même si l’entreprise versera des taxes à la Municipalité. Sans être contre à 100 %, je crois qu’il faudra prendre davantage son temps la prochaine fois et changer la manière de procéder, car pour ce projet, on est devant un fait accompli. En attendant, nous allons travailler très fort afin que les mesures d’atténuation répondent aux demandes des citoyens », confie-t-il à LA PENSÉE.

Durant la consultation publique, le promoteur Dannick Chaput – qui opère avec sa conjointe une ferme porcine depuis 17 ans – a soutenu que le site de Maricourt est loin de la route et que c’est un emplacement idéal pour son entreprise.

La MRC acceptera les commentaires des citoyens par écrit jusqu’au 13 mai, en vue du rapport qui sera déposé au conseil des maires le 19 mai. La Municipalité de Maricourt aura ensuite à approuver le projet, en tenant compte des mesures d’atténuation à imposer.

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