27 janvier 2021
Tir à l’arc
Partager sa passion en temps de pandémie
Par: Annie Gagnon

Ambassadrice émérite pour le tir à l’arc, Daphnée Beaudry a plusieurs cordes à son arc.

Proactive et ambassadrice émérite de son sport, Daphnée Beaudry a le bonheur facile. La dernière année a demandé beaucoup d’adaptation pour tout le monde et la jeune archère n’a pas fait exception. Cependant, les sports individuels comme le tir à l’arc ont été prisés par les athlètes de tout acabit, ce qui a permis à la jeune femme de faire connaître son sport à plusieurs néophytes.

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Daphnée Beaudry est une jeune femme d’action. Athlète coup de cœur du Fonds d’athlète de la MRC d’Acton, l’archère de Saint-Nazaire-d’Acton a travaillé d’arrache-pied pour se tailler une place dans le monde du tir à l’arc tout en faisant découvrir et rayonner son sport dans la région.

« Je suis impliquée dans deux clubs scolaires et un autre public, en plus d’être sur le Conseil d’administration Pro-3D pour le tir à l’arc. Donc, depuis le confinement, j’ai jonglé avec les différentes mesures sanitaires autant par mon statut d’entraîneur que celui d’athlète. La suspension des compétitions homologuées m’a permis d’être un peu plus relax et je dois avouer que ça m’a fait du bien de décrocher et de faire autre chose. Et, par-dessus tout, j’ai donné vraiment beaucoup de cours d’initiation au tir à l’arc. Confinée à la maison avec un éventail d’activités moins large, plusieurs personnes se sont mises à la recherche de nouvelles activités individuelles. Ça m’a fait grand plaisir de partager mes connaissances avec tous ceux qui souhaitaient le faire », explique-t-elle.

Pandémie

En mars 2020, au même titre que toutes les associations sportives, le Circuit Pro-3D a suspendu ses activités ainsi que toutes les compétitions intérieures prévues à son calendrier. En juin, la direction du circuit prolongeait la suspension des activités en annulant tous les tournois homologués devant se tenir sur le territoire québécois.

« Les tournois se sont arrêtés aussitôt que l’état d’urgence a été décrété. Nous pensions pouvoir reprendre avec la saison extérieure, mais ce n’était pas possible avec toutes les normes à mettre en place. Même chose pour le retour de la saison automnale. Avec le peu de gens que nous aurions pu admettre en gymnase, ça n’aurait pas été rentable pour les clubs. J’ai tout de même pu vivre quelques compétitions participatives extérieures au cours du dernier été. Et pour ce qui est des compétitions hors-pays, c’était aussi inaccessible avec les douanes fermées », mentionne Daphnée.

La suite des choses demeure incertaine pour le Circuit Pro-3D, mais Daphnée demeure optimiste. Elle souhaite grandement renouer avec les compétitions extérieures lors de la prochaine saison estivale.

« Les possibilités pour cet été seront déterminées en mars. Nous serons certainement capables de faire des compétitions extérieures. Tous les clubs sont très impatients de pouvoir recommencer les tournois. Et nous avons déjà commencé les préparatifs du Défi Hoyt, la plus grosse compétition à se tenir au Québec. Nous souhaitons vraiment remettre la machine en route. En fait, je ne sais pas quelle forme ça va prendre, mais je suis certaine que nous aurons des compétitions cet été », commente la jeune archère.

Et l’athlète dans tout ça?

Daphnée Beaudry est toujours passionnée par son sport. Lorsqu’elle parle de tir à l’arc, la jeune femme est intarissable. Cependant, l’entraîneur semble prendre plus de place dans la vie de la jeune archère.

« C’est vrai que dans les derniers mois, la situation m’a permis de me mettre davantage en mode coaching. Je souhaite tout de même continuer de faire le nombre de compétitions nécessaires pour conserver ma place au classement. Par contre, je ne veux plus me mettre autant de pression qu’avant. Il y a quelques années, je n’éprouvais plus de plaisir à tirer et je me suis remise beaucoup en question. J’ai découvert que cette perte de plaisir était liée àun important besoin de performances. C’est à partir de cette révélation que je me suis dit que j’allais maintenant tirer pour le plaisir, et non pour le résultat. Ce que j’aime du tir à l’arc, c’est bien entendu le sport, mais c’est avant tout le plaisir d’être avec des gens, de rencontrer de nouvelles personnes, de créer des amitiés. Donc, en cessant de me mettre de la pression inutile, je n’ai pas nécessairement amélioré mes résultats puisque je suis en constante amélioration de mes techniques et ce n’est pas toujours facile de désapprendre pour réapprendre mais mes résultats sont stables. Il faut dire qu’à 45 mètres de distance, il ne faut pas grand-chose pour rater un tir », conclut-elle en riant.

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