9 octobre 2019
That Dam Hill Ultra
L’impressionnante course de Yan Girardot
Par: Annie Gagnon

Yan Girardot en compagnie de la championne nationale, Colleen Semple.

Rien n’est à l’épreuve de Yan Girardot. Le coureur valois, reconnu pour ses expériences hors du commun en course à pied, a ajouté un nouvel exploit à son palmarès en remportant le « That Dam Hill Ultra », une course ontarienne de 24 heures. De plus, en cumulant 197,5 kilomètres en 23 heures50 minutes et 25 secondes, le Valois a inscrit un record masculin pour cette course.

Yan Girardot a le don de surprendre et d’épater son entourage en se lançant des défis impressionnants.

Sa quête d’aventures a débuté en 2009 avec une remise en forme nécessaire à son équilibre de vie. Passionné, il a découvert le bienfait de la course à pied sur sa santé physique et mentale. Dix ans plus tard, cet exercice est devenu un mode de vie pour le père de famille.

« Je cours d’abord pour me dépasser moi-même mais l’entraide et la camaraderie qui accompagnent la course sont des facteurs tout aussi positifs pour moi », explique-t-il.

Parcours exceptionnel

En 2015, avec plusieurs marathons canadiens à son actif, le coureur obtient son laissez-passer pour le 120e marathon de Boston, où il franchit la ligne d’arrivée en milieu de peloton.

Il se lance ensuite dans une nouvelle aventure en pratiquant la course en trail qui l’amènera à prendre part au Bromont Ultra, une course de 55 km dans les bois, au JFK 50 Miles, un parcours de 80 km dans le Maryland ainsi qu’au Vermont 100 Endurance, une course de 100 km.

En 2018, Yan se lance dans une autre folle aventure, soit le Mainly Marathons de la New England Series qui propose de courir huit marathons en huit jours, dans huit États américains différents.

Lors de cette course, il grimpe sur le podium à huit reprises, dont deux fois sur la plus haute marche.

« Après avoir fait ces huit marathons, je cherchais autre chose. J’ai donc décidé de m’entraîner pour courir 24 heures ».

That Dam Hill

Le 14 septembre, Yan a entrepris sa dernière quête en prenant le départ de « That Dam Hill », avec 26 autres passionnés de courses à pied.

Ce nouveau défi, qui a amené Yan à effectuer une course de 24 heures, s’est déroulé à London, en Ontario.

Le coureur de 41 ans a été proclamé champion, affichant au compteur 197,5 kilomètres, soit neuf kilomètres de plus que le détenteur du second rang.

« Je devais participer au Sri Chinmoy de Gatineau, un 24 heures de course. Mais la chaleur était tellement intense en juillet que j’ai décidé de ne pas m’y rendre. Quelques semaines plus tard, Bruno St-Pierre, un ami coureur, m’a convaincu de le suivre à London », mentionne Yan.

Un long pèlerinage

Le duo a donc entrepris les neuf heures de route les séparant de leurs 24 heures de course en discutant de stratégies et d’objectifs à atteindre. Pour Yan, la barre se situait à 169 km et plus, soit quatre marathons de 42,2 km.

« Personnellement, si j’atteins ou dépasse mon objectif, je suis heureux. Je me mesure toujours à moi-même. Si en plus, je finis sur le podium, c’est un bonus », mentionne le coureur.

24 heures et quelques souffrances

Courir pendant 24 heures, sans relâche, c’est probablement plus que du dépassement de soi, c’est surtout de la torture.

Et quand les bobos sortent, il est souvent trop tard pour y remédier. Le coureur a dû apprivoiser sa douleur et bien la gérer pour poursuivre son but. De plus, même si personne ne vise vraiment la première place, quand celle-ci devient atteignable, la compétitivité fait insidieusement sa place.

« Après neuf heures de course, je suis tombé en première place. C’est quelque chose à laquelle je n’avais jamais pensé mais lorsque j’ai vu que c’était possible, mon petit côté compétitif est embarqué. Sans délaisser mon objectif de 169 kilomètres, j’ai voulu prendre un tour d’avance, ça m’a pris 1 h 40, ensuite, deux tours, un autre 1 h 40. J’ai continué jusqu’à ce que j’aie cinq tours d’avance. Je croisais Bruno et François que j’encourageais et qui m’encourageaient à leur tour. Je volais littéralement! », raconte-t-il.

Dépasser ses propres limites

Si la condition mentale était au rendez-vous, la condition de ses pieds et de ses cuisses ne mentait pas.

« Dans ce genre d’épreuves, le fait de changer de bas et de souliers devient un exploit. Le frottement entre les cuisses est aussi très douloureux. Il vaut alors mieux ne pas trop s’y attarder.

Heureusement, j’ai évité les crampes en me délectant de jus de cornichons à chaque heure que je complétais. Je ne sais pas si c’est ce qui a fait la différence, mais ça a marché. »

Lendemain de course

C’est lors de son retour à la maison que les traces laissées par la course se sont manifestées. Après avoir reçu les conseils de professionnelles, Yan a décidé de se rendre à l’hôpital, où on lui a administré plusieurs tests de santé.

« Ma dépense énergétique a été trop importante et j’étais en train de m’empoisonner. J’ai donc été hospitalisé une journée sous soluté. Déjà, je vais mieux, mais je n’ai pas encore repris l’entraînement. Je me laisse un peu de temps avant de rechausser mes souliers », confie Yan.

Prochain défi

L’atteinte de son objectif a permis au coureur de se tourner vers un tout nouveau défi, soit le « Big Dog’s Backyard Ultra ». En tout, 125 coureurs prendront le départ et devront compléter une boucle de 6,7 km par heure. La course se termine lorsqu’il ne reste qu’un participant en action, soit « The last man standing ».

« C’est une première édition de cette course qui débutera le 18 juillet et qui se terminera seulement quand tous les coureurs, sauf un, auront déclaré forfait. Je me suis inscrit avec trois autres coureurs, soit Sébastien Chénard, Dominique Cournoyer et Yannick Babineau. L’organisateur choisit 50 coureurs et les 75 autres sont tirés au hasard. J’espère qu’au moins un d’entre nous pourra vivre cette aventure », explique Yan Girardot.

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