29 mars 2023
Accusés de traite humaine
Les gestionnaires du camping Havana Resort se défendent
Par: Sarah Villemaire

Les gestionnaires du Camping Havana Resort, Dominic Perrier, Arianne Perrier, Laurence Perrier et Ève De La Durantaye avaient convoqué la population et les médias à une conférence de presse pour réagir à une enquête journalistique publiée il y a trois mois. Photo Sarah Villemaire | La Pensée ©

Les gestionnaires du Camping Havana Resort, Dominic Perrier, Arianne Perrier, Laurence Perrier et Ève De La Durantaye avaient convoqué la population et les médias à une conférence de presse pour réagir à une enquête journalistique publiée il y a trois mois. Photo Sarah Villemaire | La Pensée ©

Les accusations de traite humaine rapportées dans un reportage de Radio-Canada en décembre dernier visant les gestionnaires du Camping Havana Resort à Maricourt fait encore réagir.

Publicité
Activer le son

Se disant dévastée par ces déclarations, la direction nie ces allégations et demande au diffuseur public de rectifier les faits. Ce dossier fait actuellement l’objet d’une enquête de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité au travail (CNESST).

« Notre monde s’est écroulé le 21 décembre lorsqu’on a pris connaissance du reportage de Thomas Deshaies de Radio-Canada. Ce fut un choc de lire les mots « traite humaine « . C’était incompréhensible et ce l’est encore aujourd’hui. Ça ne définit pas qui nous sommes en tant que gestionnaires puisque nous aimons tous les membres de notre équipe et les considérons comme des membres de notre famille », a soutenu Ariane Perrier, première actionnaire et gestionnaire du Camping Havana Resort en conférence de presse le 15 mars.

C’est devant une trentaine de curieux, d’employés et de journalistes que la famille Perrier a riposté au reportage pendant une bonne heure.

En décembre dernier, Radio-Canada Estrie a publié deux articles concernant des accusations de traite humaine à l’égard de travailleurs étrangers venus prêter main-forte à l’équipe du camping à l’été 2022. On pouvait lire que des travailleurs mexicains auraient été recrutés par la famille Perrier pour travailler de 10 à 13 heures par jour tout en empochant un salaire d’un peu moins de 4 $.

Ces informations ont été rapportées par deux travailleurs qui ont témoigné sous le couvert de l’anonymat. Deux autres employés ont aussi corroboré les affirmations de leurs collègues dans le reportage. En plus de l’appui reçu d’organismes et du Consulat du Mexique, la CNESST confirme qu’une enquête entourant ces allégations est présentement en cours.

La famille Perrier soutient pour sa part avoir recruté des « stagiaires » mexicains afin de leur faire vivre un échange culturel au Québec. Six Mexicains auraient participé à l’organisation et à la tenue des activités et spectacles offerts sur le site en compagnie du comité organisateur lors de la dernière saison estivale. Hébergés et nourris gratuitement, ces stagiaires auraient aussi reçu une compensation financière de 350 $ par semaine, soit l’équivalent de 50 $ par jour, selon les informations fournies par les gestionnaires.

Gestion de crise à l’interne

Les allégations de traite humaine rapportées dans le reportage ont eu l’effet d’une bombe pour la famille Perrier qui a procédé à une enquête interne au sein de l’équipe. Cette enquête s’est traduite par l’envoi d’un bref courriel aux employés actuels et saisonniers afin de connaître leur appréciation face à leur expérience de travail.

Les deux travailleurs qui ont livré leur témoignage au journaliste ont été rapidement identifiés par la famille. Elle rapporte que l’un des deux plaignants faisait bel et bien partie du groupe de six stagiaires mexicains, mais aurait été remercié au cours de l’été pour des « comportements violents », selon Ariane Perrier qui suggère une dénonciation faite par vengeance. L’autre employé prêtait main-forte dans un autre département et que ses jours de travail au camping se comptent sur « les doigts d’une main ».

Les deux autres employés qui ont corroboré les faits au journaliste ont été aussi identifiés par la famille. Elle croit que ces travailleurs, qui souhaitent revenir travailler pour les Perrier cet été, ont été « piégés » par le journaliste.

D’ailleurs, les administrateurs dénoncent formellement l’éthique journalistique du journaliste dans le dossier. Une plainte a été déposée à a direction de l’information de Radio-Canada Estrie. En toute transparence, l’un des gestionnaires du Camping Havana Resort, Dominic Perrier, a fait part de la réponse du diffuseur public qui se lit comme suit : « Les informations recueillies par Thomas Deshaies ont été validées par le gouvernement du Québec, par la Gendarmerie royale canadienne (GRC) et d’autres témoins. Par souci d’exactitude, il a aussi validé les informations contenues dans notre reportage auprès d’autres employés ».

image