12 mai 2023 - 07:00
Les 102 ans de la doyenne de Sainte-Christine célébrés en grand dans sa communauté
Par: Adaée Beaulieu

La doyenne de Sainte-Christine, Marie-Anne Lapointe. Photo Adaée Beaulieu | La Pensée ©

Une femme travaillante et généreuse, voilà la description que la plupart des 50 invités présents pour souligner le 102e anniversaire de Marie-Anne Lapointe, le 3 mai, ont faite de la doyenne de Sainte-Christine.

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Le maire de Sainte-Christine, Jean-Marc Ménard, faisait partie du lot. « La Municipalité est très fière de souligner le 102e anniversaire de Mme Lapointe. Elle a traversé tous les âges. Elle connaît tout le monde. Elle est très appréciée. Elle a beaucoup de choses à raconter. Il y a 100 ans, la vie sur la ferme, ce n’était pas facile », a déclaré le maire, en soulignant qu’il s’agissait de la deuxième centenaire de la Municipalité et celle ayant battu un record de longévité.

Le conseiller municipal Pierre Noël, la présidente de la FADOQ Sainte-Christine, Francine Tremblay, sa fille Lucille Lapointe, le conjoint de cette dernière, Serge Deshaies, et sa petite-fille Julie Lapointe ont confié de nombreuses anecdotes à LA PENSÉE qu’ils ont validées auprès de la doyenne.

Petite histoire

C’est à l’âge de 24 ans que Marie-Anne Lapointe a quitté Roxton Pond pour s’installer avec son conjoint, Georges Lapointe, sur une ferme à Sainte-Christine. « Mon grand-père a acheté une ferme pour ne pas devoir s’enrôler à la Deuxième Guerre mondiale », a raconté sa petite-fille Julie Lapointe. Elle a souligné qu’en plus de la guerre, sa grand-mère a survécu à deux pandémies, soit celles de la grippe espagnole et de la COVID-19. Sur la ferme, Mme Lapointe s’occupait de traire les 32 vaches à la main.

Le couple a eu un premier enfant, malheureusement décédé à la naissance. Ils ont ensuite eu deux jumeaux, René et Roger. Ce dernier est le père de Julie et il a pris la relève de la ferme, suivi de sa fille et ses fils, soit les plus vieux de ses sept enfants. La ferme compte maintenant une cinquantaine de bêtes.

Marie-Anne Lapointe a ensuite eu deux autres enfants. « Elle a été excommuniée parce qu’elle a tenu tête à l’église pour ne pas avoir d’autres enfants, car elle a failli mourir chaque fois », a raconté sa petite-fille après avoir discuté avec sa grand-mère. Mme Lapointe a maintenant 15 petits-enfants, 30 arrière-petits-enfants et trois arrière-arrière-petits-enfants.

Générosité marquante

Marie-Anne Lapointe attribue sa longévité au fait qu’elle est toujours restée active. Après la mort de son mari en 1993, elle a habité sa maison seule jusqu’à presque 100 ans. Elle y réside encore, mais la maison appartient désormais à sa fille Lucille et à son gendre Serge.

Selon son entourage et les anciens du village, elle a toujours travaillé dans le but de redonner aux autres. Mme Lapointe avait un magasin général où la population se procurait notamment des vêtements et de la laine. Elle cultivait aussi un grand jardin, qui a fait fureur avec ses grosses patates et carottes, et elle offrait aux citoyens le fruit de son travail. Elle recevait aussi ses petits-enfants et par la suite d’autres enfants du primaire à dîner. « Il arrivait que nous soyons 11 autour de la table », s’est souvenue sa petite-fille.

La doyenne a aussi confectionné à la main des courtepointes jusqu’à l’âge de 88 ans. Au total, elle en a fabriqué plus de 500 et la plus marquante a été celle faite des vêtements de ses enfants qu’elle possède toujours. Encore à ce jour, Marie-Anne Lapointe continue son travail manuel en tricotant une paire de pantoufles par jour.

Honorée par les élus

L’anniversaire de Marie-Anne Lapointe a été l’occasion pour les élus de lui rendre hommage. Elle a reçu un certificat honorifique signé par le député de Saint-Hyacinthe–Bagot, Simon-Pierre Savard Tremblay. « Plus de 100 ans de vie et tant d’histoires et de petits bonheurs vécus », y a-t-il inscrit.

Le député de Johnson, André Lamontagne, lui a aussi adressé une lettre. « Je vous souhaite du bonheur et des jours sereins à l’enseigne de tous ces souvenirs joyeux qui ont ensoleillé votre vie », pouvait-on y lire.

Le premier ministre François Legault lui a également transmis une missive signée de sa main. « Ce n’est pas donné à tout le monde de vivre un siècle entier. Vous êtes un témoin privilégié des époques au cours desquelles s’est bâti le Québec moderne. Je souhaite que vos plus précieux souvenirs soient partagés avec les plus jeunes de votre entourage. Quel que soit leur âge, je suis sûr qu’ils en profiteront », a-t-il notamment écrit.

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