17 juillet 2019
Berce du Caucase
L’éradication, mission impossible dans le Val-Saint-François
Par: La Pensée de Bagot
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S’il semble impossible de complètement éradiquer la berce du Caucase dans la région, Quadra Environnement espère être en mesure de ramener la présence de cette plante à un niveau « acceptable » dans les trois prochaines années dans le Val-Saint-François. (Photo gracieuseté Quadra Environnement)

Depuis 2017, quatre municipalitésde la MRC Val-Saint-François – Canton de Valcourt, Maricourt, Racine et Valcourt – se sont associées dansune lutte commune contre la berce du Caucase, plante originaire d’Eurasie particulièrement envahissante et toxique. Leurs efforts se poursuivent encore cet été, mais on préfère maintenant parler de « contrôle » que d’« éradication » complète de la plante.

« À notre connaissance, il s’agit dela plus grosse invasion de berce du Caucase au Québec », mentionne Nicolas Trottier, président et fondateur de Quadra Environnement, entreprise mandatée pour aider à enrayer cette problématique. Selon lui, la seule façon de venir à bout de la berce du Caucase est en intervenant « partout » pour s’assurer que la plante ne laisse pas de graines derrière elle. « Un seul plant peut produire 7000 graines qui peuvent rester en dormance de 3 à 4 ans. C’est important d’agir comme le font les quatre municipalités du Val-Saint-François et Béthanie [qui s’est ajoutée à l’effort en 2018] si on veut vraiment éliminer des foyers d’invasion. » Il croit que, si les efforts demeurent soutenus, la berce du Caucase reviendra à « un niveau acceptable » d’ici trois ans.

Du côté de Racine, municipalité la plus durement touchée par l’invasion, le maire Christian Massé est catégorique. « On n’arrivera pas à l’éradiquer, mais on peut la contrôler. À Racine, on en aura encore pour au moins 10 ans avant d’y arriver », estime-t-il.

Une subvention bienvenue

Une subvention du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) pour aider des municipalités à combattre des plantes envahissantes a été annoncée l’année dernière. De ce montant, 100 000 $ serviront à aider les municipalités de la région à combattre la berce du Caucase pendant 4 ans. « La subvention nous aide sur les 12 km les plus touchés dans la région, entre la piste cyclable et le ruisseau Brandy. Cet endroit offre des conditions de rêve pour la berce », précise M. Trottier, qui assure que la lutte contre cette plante sera aussi intense jusqu’en 2022 avant de ralentir le rythme les années subséquentes, ce qui coïncide avec la fin de la subvention gouvernementale.

Le maire de Racine espère quant à lui que l’aide gouvernementale ne s’arrêtera pas là, vu l’ampleur du défi. « Ce montant, c’est déjà beaucoup en plus de l’argent que les municipalités investissent dans la lutte contre la berce du Caucase, mais il faudra faire nos devoirs pour convaincre le MAPAQ de la nécessité de recevoir davantage d’argent. »

Identifier la berce

Quadra Environnement et les municipalités touchées ont maintenant une bonne idée du « portrait global » de l’invasion de la berce du Caucase, mais invitent toujours les citoyens à faire des signalements sans intervenir eux-mêmes lorsqu’ils aperçoivent des plants dans le secteur.

La berce du Caucase est reconnaissable par sa hauteur impressionnante (de 2 à 5 m) et ses tiges robustes dotées de taches rougeâtres et de poils blancs rudes. En été, elle produit des fleurs blanches en forme d’ombrelles aplaties. La sève est toxique et crée une sensation de brûlure sur la peau lorsqu’elle entre en contact avec la lumière du soleil.

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