8 Décembre 2021
Grève illimitée à Acton Vale
Le président de Beaulieu Canada espère une attitude plus positive de la part du syndicat
Par: Alain Bérubé

Le président de Beaulieu Canada, Benoit Leclair, espère que les négociations avec le syndicat reprendront avec davantage d’ouverture et de positivisme. (photo Beaulieu Canada)

Alors que les activités de Beaulieu Canada à Acton Vale sont sur la glace à cause d’une grève illimitée, le président Benoit Leclair a décidé de sortir de l’ombre afin de faire valoir l’autre côté de la médaille. Il demande que le syndicat fasse preuve de bonne foi et d’ouverture dans les négociations en cours.

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M. Leclair fait observer que les négociations, amorcées en février, ont été ponctuées par une entente de principe le 22 juin. Il affirme alors avoir été confiant d’un dénouement heureux.

« Le comité de négociation syndical devait la présenter la semaine suivante afin que les employés soient en mesure de bénéficier rapidement des avantages prévus à cette entente. Toutefois, elle a été présentée seulement sept semaines plus tard, soit le 17 août, quelques jours après l’échéance de la convention. De plus, l’entente de principe devait être recommandée par tous les membres du comité syndical. Pourtant, certains membres ont décidé de ne plus la recommander lors de l’assemblée », se désole-t-il.

M. Leclair ajoute que le 11 novembre, une offre a été déposée à la table des négociations.

« Cette offre bonifiait tous les aspects monétaires de l’entente de principe, de même que certaines clauses qui entraînent des économies pour les employés. L’exécutif a attendu deux semaines avant de la présenter aux employés et, pendant ce temps, a décidé de tenir deux journées de grève. Le comité syndical a donc fait perdre deux journées de travail à nos employés sans même leur présenter l’offre de l’employeur », indique-t-il.

Des rencontres en présence du médiateur-conciliateur du ministère du Travail ont eu lieu les 25 et 30 novembre. La grève illimitée a été déclenchée après la première rencontre.

« Après que le comité syndical a forcé les employés à amorcer la grève, on a constaté que les brûleurs du four de finition étaient allumés, en plus de retrouver du tapis à l’intérieur. Heureusement, nos contremaîtres ont été vigilants et ont pu éteindre le four et éviter un incendie. Les dommages et pertes matérielles sont encore en évaluation, mais on a évité une véritable catastrophe. Je ne souhaite pas qu’on revive un autre incendie comme celui de l’usine Peerless, en 1998 », confie M. Leclair à LA PENSÉE.

Le président de Beaulieu Canada, qui a été très discret depuis le début des négociations, fait valoir que l’offre bonifiée représente une augmentation de 18,3 % sur trois ans, en plus d’une hausse des primes.

« C’est comparable à d’autres industries qui nourrissent le Québec. Pour l’employeur, ceci représente près de 4,3 millions $ de déboursés supplémentaires. Nous sommes au bout de notre capacité financière. Les demandes actuelles du comité syndical de négociation représentent plus de 50 % que l’entente de principe et aucune concession n’est considérée par ce comité! C’est impossible pour nous », martèle-t-il.

M. Leclair soutient que Beaulieu Canada doit répondre aux besoins du marché et s’adapter aux nouveaux besoins des consommateurs.

« La concurrence est mondiale et non locale. L’implantation de postes polyvalents, rejetée par le syndicat, représente une faible proportion d’employés et nous aiderait à mieux équilibrer nos activités de production, en plus d’ éviter des arrêts de la machinerie et des mises à pied temporaires par département. De plus, la polyvalence est sur une base volontaire. Elle respecte l’ancienneté et permet toujours aux employés d’avoir accès au surtemps. Tout le risque est assumé par l’employeur. Dans les circonstances, nous nous expliquons bien mal la position actuelle du syndicat. Je garde espoir que les négociations seront plus positives », conclut-il.

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