3 novembre 2021
Arbitrage au hockey
L’AHMAV n’échappe pas à la pénurie des officiels
Par: Annie Gagnon

La pénurie d’officiels au hockey retient l’attention plus que jamais avec le retour à la normale pour la saison 2021-2022. Un salaire moins avantageux, surtout depuis l’imposition des gains sur le revenu annuel pour les arbitres, ainsi qu’une charge de travail importante où l’abus est toujours trop présent, ont des conséquences importantes au sein des associations de hockey mineur. Comme le dit le proverbe, on n’attire pas des mouches avec du vinaigre!

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Comme partout au Québec, l’arbitrage demeure une préoccupation au sein de l’organisation valoise. À titre d’exemple, il y a deux ans, l’Association du hockey mineur d‘ActonVale (AHMAV) pouvait compter sur 22 officiels. Cette année, seulement huit arbitres ont décidé de reprendre le sifflet.

« Nous arrivons à combler tous les besoins jusqu’à maintenant en planifiant deux arbitres au lieu de trois, et ce, pour toutes les rencontres. Prochainement, cinq nouveaux jeunes de 14, 15 et 16 ans suivront deux formations et pourront venir nous donner un coup de main. Ils vont commencer dans la catégorie novice, mais ce sera déjà bien de pouvoir compter sur eux », mentionne Joanick Touchette, responsable des arbitres.

Un autre avantage de l’AHMAV est d’avoir un nombre limité de joutes par jour.

« En ayant une seule patinoire et seulement cinq à six rencontres maximum par jour, il y a moins de risques que nous manquions d’officiels. Ce n’est évidemment pas le cas de plus grandes villes comme Drummondville et Sherbrooke, qui n’ont pas d’autres choix que d’annuler des matchs tous les week-ends depuis le début de la saison », explique M. Touchette.

Peu d’incitatifs

La « crise de l’arbitrage » s’explique par différents facteurs.

Plusieurs jeunes font le choix de travailler ailleurs que sur la patinoire pour diverses raisons. D’abord, le temps à allouer pour une partie est d’environ 2 h 30 si on considère la préparation d’avant-match d’une trentaine de minutes et l’après-match. À 20 $ le match, les nouveaux arbitres préfèrent travailler ailleurs, où le salaire est plus haut et les responsabilités moins importantes.

« C’est tout de même une pression énorme d’être arbitre. Beaucoup de travail a été fait afin que les spectateurs soient respectueux et ne s’en prennent pas aux officiels, mais il reste encore beaucoup à faire pour que toute la violence verbale cesse », indique M. Touchette.

De plus, la reconnaissance de la profession d’officiel de hockey comme travail autonome oblige maintenant les arbitres à déclarer les sommes gagnées dans leur déclaration annuelle de revenus. Cette nouvelle imposition est loin de faire l’unanimité chez les zébrés.

À la suite de cette annonce de Hockey-Québec, plusieurs vétérans ont décidé de remiser leur sifflet puisque le travail devient moins avantageux.

« C’est clair que c’est cette décision qui fait la différence et qui nuit considérablement à toutes les associations. Des solutions devront être trouvées pour éviter que les vétérans prennent tous le chemin de la retraite », conclut Joanick Touchette.

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