11 septembre 2019
Manganèse et THM
La Ville d’Acton Vale assure que son eau n’est pas contaminée
Par: Alain Bérubé

Le maire d’Acton Vale, Éric Charbonneau, a tenu à rassurer la population quant à la qualité de l’eau potable, soutenant qu’elle n’est pas contaminée.

Depuis quelques mois, le groupe citoyen Environnement Acton exprime ses craintes sur le taux de manganèse et de trihalométhanes (THM) dans le réseau d’aqueduc de la Ville d’Acton Vale. En point de presse jeudi, le maire Éric Charbonneau soutient que l’eau potable est de bonne qualité et nullement contaminée.

Avec en main les résultats d’analyses provenant du ministère de l’Environnement et d’une firme privée, M. Charbonneau affirme que les citoyens peuvent être rassurés.

Le dossier a débuté lorsque David Roy, fondateur du groupe Environnement Acton, a émis des craintes quant à la qualité de l’eau de son puits et la possible contamination de ce dernier. Dès lors, la Ville d’Acton Vale a pris ses responsabilités et demandé une analyse d’une firme indépendante de cinq puits privés de terrains situés près de la résidence de M. Roy.

Une rencontre a été organisée pour avec les différents ministères, dont ceux de l’Environnement, des Services sociaux et de la Santé publique, pour valider les craintes de M. Roy et s’assurer que les anciens sites d’enfouissements et la carrière ne soient pas en cause. Le ministère de l’Environnement  et de la lutte contre les changements climatiques a effectué ces analyses.

Selon les résultats obtenus, le maire Charbonneau affirme que tout est conforme et aucune source ne contamine la nappe phréatique. Il ajoute que les propriétaires de puits privés sont invités à vérifier régulièrement leur qualité d’eau potable. Les puits privés ne sont pas sous la responsabilité de la Ville, précise-t-il.

Par la suite, le groupe Environnement Acton a questionné la Ville quant à son réseau d’aqueduc.

Pour les THM, la Ville affirme qu’elle surveille de près le respect des normes.

« La norme pour les THM au Québec exige que la moyenne des plus fortes concentrations obtenues sur quatre trimestres soit fixée à 80 microgrammes/litre. Notre moyenne annuelle respecte la norme », mentionne M. Charbonneau.

Quant au taux de manganèse, le maire fait remarquer que ce minéral se retrouve notamment dans les aliments.

« Dans un sac de noix, on peut retrouver jusqu’à 16 milligrammes de manganèse. Une consommation de deux grammes par jour est recommandée. Pour atteindre le cap des 16 milligrammes, il faudrait boire 160 litres d’eau, soit deux litres par jour durant 80 jours », allègue-t-il.

M.Charbonneau soutient qu’au Québec, aucune norme n’a été établie pour la concentration maximale de manganèse dans l’eau potable.

« Santé Canada recommande une concentration maximale de manganèse de 0,120 milligrammes par litre d’eau afin de protéger la santé des nourissons (0 à 6 mois), mais le taux dans notre eau potable est plus bas. La firme Environor a établi que le taux est moins élevé que ce que suggère Santé Canada comme norme au niveau des aspects esthétiques. Depuis mai 2019, cet objectif a été abaissé à 0,020 mg/L. Il est à noter que cela est un objectif pour prévenir les dépôts dans les canalisations et non une norme pour protéger la santé », souligne le maire d’Acton Vale.

M. Charbonneau ajoute que tous les bilans annuels sur la qualité de l’eau potable sont accessibles sur le site Internet de la Ville d’Acton Vale. La municipalité a par ailleurs investi 4,1 M $ dans la mise aux normes de l’usine de filtration afin de respecter les exigences du Règlement sur la qualité de l’eau potable.

« Nous prenons le dossier au sérieux, soyez-en assurés. Certains citoyens remettent en cause ces analyses, mais la Ville n’est pas responsable de la perception des gens », conclut-il.

Le citoyen qui a sonné l’alarme, David Roy, se montre prudent dans ses commentaires sur le point de presse de la Ville d’Acton Vale.

« J’invite la population à regarder l’émission Enquête, le 26 septembre à Radio-Canada, pour en savoir davantage », dit-il.

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