2 juin 2021
Depuis 20 ans à Roxton Falls
La Petite Ferme de l’Auberge, un toit accueillant pour les hommes en difficulté
Par: Alain Bérubé

Benoit Houle, directeur de la Petite Ferme de l’Auberge, à Roxton Falls, est ici en compagnie d’un résident, Eliodor Lessard, qui donne un coup de main dans la production de confitures.

Connue du grand public pour ses savoureuses confitures, la Petite Ferme de l’Auberge a épaulé depuis bientôt 20 ans plus de 760 hommes en difficulté avec écoute, empathie et chaleur humaine. Cet organisme sans but lucratif propose, en pleine nature à Roxton Falls, un environnement qui favorise la prise en main de sa vie et la réinsertion sociale.

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En compagnie d’Angela Bernier – toujours impliquée au sein de l’organisme -, Benoit Houle a fait de la Petite Ferme de l’Auberge une véritable mission.

« Notre clientèle est formée d’hommes de 18 ans et plus vivant des difficultés de tous genres, des dépendances et des problèmes de santé mentale. Ces gens sont référés par les CLSC, les hôpitaux, les centres de crise et des personnes en contact avec des gens qui vivent dans la rue, Nous offrons dix places en hébergement, à court et moyen terme, afin qu’ils puissent faire le point et reprendre le dessus », résume M. Houle.

La Petite Maison de l’Auberge donne également un bon coup de main à la communauté, en collaboration avec S.O.S. Dépannage/Moisson Granby et la Moisson Maskoutaine, avec la distribution de denrées alimentaires pour des familles et individus de la région dans le besoin.

« En plus des dons et aides financières que nous recevons tout au long de l’année, la vente de nos confitures (disponibles dans plusieurs épiceries et autres points de vente), œufs et produits du terroir nous permet d’avoir les revenus nécessaires pour poursuivre nos activités », soutient M. Houle.

L’avenir de la Petite Ferme de l’Auberge a été menacé il y a deux ans, alors que ses ressources financières étaient à la baisse.

« Nous avions eu à faire face à plusieurs dépenses, reliées au champ d’épuration, au puits de surface et à l’achat d’un véhicule d’occasion. On a donc lancé un appel à la générosité du milieu, en faisant notamment parvenir de nombreuses lettres à des donateurs potentiels. Nous avons pu rapidement amasser plus de 35 000 $, ce qui fut une agréable surprise. Et on a pu bien traverser la pandémie grâce à l’aide du gouvernement fédéral et une contribution de Centraide deux fois plus grande », relate Benoit Houle.

L’an dernier, la Petite Ferme de l’Auberge a accueilli 42 hommes en difficulté, provenant principalementde la Montérégie et de l’Estrie.

« En général, tout se passe très bien. Nos résidents font leur part pour les travaux de la ferme et la confection denos confitures, tartes et pâtés. Quelques formations de groupe permettent d’en apprendre beaucoup dans plusieurs domaines. L’ambiance est vraiment très positive, sans alcool ni drogue sur place bien sûr. Nous sommes loin des distractions de la ville, ce qui fait que chacun peut se concentrer sur son cheminement personnel », indique M. HouleCe dernier mentionne qu’une de ses préoccupations est de préparer la relève afin que l’organisme puisse poursuivre encore longtemps ses activités.

« La retraite approche à grands pas, mais je peux heureusement compter sur un conseil d’administration extraordinaire et j’ai confiance en l’avenir », conclut Benoit Houle.

Un résident âgé de 36 ans, Jonathan, de Montréal, affirme grandement apprécier son expérience à la Petite Ferme de l’Auberge.

« À la suite de la perte d’un commerce en informatique et d’une rupture amoureuse, j’ai connu quelques difficultés qui m’ont conduit en prison. Mais sur place, un prêtre m’a parlé de la Petite Ferme de l’Auberge. Depuis cinq mois, je travaille très fort sur moi et je me sens utile. Je veux par la suite travailler pour l’église de Roxton Falls et éventuellement consacrer ma vie à Dieu », confie-t-il.

Pour en savoir plus sur l’organisme, faire des dons ou commander des confitures : 450 548-2736 ou www.lapetitefermedelauberge.org.

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