22 juillet 2020
Jean Fontaine : une figure inspirante dans la région
Par: La Pensée de Bagot

Une conversation avec Jean Fontaine, président fondateur de Jefo, n’est jamais banale. Sa passion, toujours contagieuse, sa capacité incroyable à se fixer des objectifs précis et sa joie de vivre dans le travail ont fait de lui un homme d’affaires fort influent, dans la région comme à l’international. Cela a valu récemment à l’agronome originaire d’Acton Vale un honoris causa remis par l’Université de Montréal.

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Reconnu pour sa contribution à la croissance et au rayonnement de l’indus- trie agricole, Jean Fontaine s’illustre aussi par son engagement envers la collecti- vité, notamment à la Faculté de méde- cine vétérinaire, souligne l’Université de Montréal.

« Véritable visionnaire en matière d’alimentation animale, Jean Fontaine se distingue à la fois par ses qualités entrepreneuriales exceptionnelles et par son engagement dans la colletivité. Il est un modèle pour nos nouveaux diplômés, affirme le recteur de l’UdeM, Daniel Jutras. Nous avons hâte de le recevoir à l’Université de Montréal et de l’accueillir au sein de notre commu- nauté. » En raison de la pandémie de coro- navirus, cette distinction lui sera remise

l’an prochain, à la collation des grades de la Faculté de médecine vétérinaire.

D’AGRONOME À CHEF DE FILE MONDIAL

Né en 1957 à Acton Vale, Jean Fontaine a grandi sur la ferme familiale, une ferme laitière de taille moyenne. Sixième d’une famille de sept enfants, l’homme d’affaires se souvient que la vie était assez rude sur la ferme valoise. « C’était une ferme de roches, lance Jean Fontaine à la blague. C’étaient des terres rocailleuses et nous devions dynamiter pour enlever le plus de roches possible de nos champs. Ce n’était pas toujours facile, mais nous étions aimés et nous avions l’essentiel. Vous savez, on quitte un jour la ferme, mais la ferme, elle, ne nous quitte jamais. » Quelques années après la mort de son père, alors qu’il a à peine 13 ans, Jean Fontaine et sa famille déménagent à Drummondville.

Friand d’agriculture, cette impul- sion de jeunesse l’amène à se diriger en agronomie à l’Université Laval, après un collégial en sciences de la santé.

« J’ai été acheteur et vendeur pour Olier Grisé à Saint-Pie, je donnais aussi des conseils agronomiques aux fermes qui étaient nos clients. Mon côté vendeur s’est beaucoup développé avec ces expériences. J’ai fondé Jefo un an et demi après la fin de mes études univer- sitaires, en 1982. J’étais mal en point

financièrement et j’ai décidé de m’essayer. C’était ça ou la faillite », explique M. Fontaine. Représentant pour la clinique vétérinaire de son frère durant ses études, à la fin des années 70, la santé animale lui tenait déjà à cœur et l’inspirait.

« Le domaine agricole est plein de possibilités, car les gens devront toujours manger. L’agriculture, ce sera la dernière chose à tomber dans notre économie. Alors, la santé des animaux, c’est primordial pour un secteur agri- cole prospère. La production animale, laitière ou les grandes cultures, cela ne m’intéressait pas vraiment, mais le côté commercial, ça oui! »

C’est alors à Jefo que nous devons les bases de la nutrition animale de performance avec l’introduction, dans les années 80, d’une technologie de protection qui révolutionne l’efficacité des ingrédients dans les aliments destinés aux animaux. Supportée par une curiosité scientifique appliquée, l’équipe passionnée de Jean Fontaine, composée de scientifiques spécialisés en nutrition animale et de vétérinaires, apporte des solutions réelles aux défis de la production animale moderne.

DÉSIR DE RÉUSSIR

De sa mère, Jean Fontaine se souvient avoir acquis une joie de vivre conta- gieuse. Dès les débuts et malgré les difficultés, il est toujours resté positif quant à ses chances de réussite. « La vie en campagne n’était pas toujours facile et mon père est mort jeune. Nous n’étions pas très riches, mais ma mère était toujours une femme positive. Cela m’a énormément inspiré dans mes rapports avec ma clientèle. Le client, pour moi, c’est lui le boss. J’aime travailler dans le plaisir, les conflits ne mènent à rien et nous font perdre du temps précieux. Si quelqu’un veut travailler avec moi, il doit adhérer à ce désir de réussir et à ce plaisir. »

Très honoré par la distinction récente de l’Université de Montréal à son égard, Jean Fontaine le voit surtout comme une reconnaissance de cette philosophie qu’il a toujours eue d’aider les autres. « Être là, dans le moment présent, c’est très important pour moi. Quand je suis avec un client, un ami ou un employé, je suis avec lui à 100 %. À 62 ans, je pense également à l’héritage que je vais laisser aux plus jeunes. Ma génération, nous avons toujours été dans la culture du travail sans arrêt. Les jeunes, eux, sont différents, et les entrepreneurs et employeurs doivent apprendre à les écouter et à composer avec leurs valeurs où la conciliation travail-famille est à l’avant-plan. »

Du côté de Jefo, Jean Fontaine tente également d’anticiper l’avenir de l’alimentation animale qui, selon lui, passera surtout par la nutrition de précision intestinale. « Les levures et les bactéries seront le monde à com- pétitionner dans le futur, et c’est de ce côté-là que nous investiguons », conclut le petit gars d’Acton Vale.

Véronique LEMONDE

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