2 mai 2018
Des retrouvailles émouvantes pour Danielle Goyette
Par: Annie Gagnon
Toujours fière de ses origines, Danielle Goyette a partagé de nombreux souvenirs avec les gens de Saint-Nazaire d’Acton lors de récentes retrouvailles.

Toujours fière de ses origines, Danielle Goyette a partagé de nombreux souvenirs avec les gens de Saint-Nazaire d’Acton lors de récentes retrouvailles.

Le 21 avril, la municipalité de Saint-Nazaire d’Acton a déroulé son tapis rouge pour recevoir une légende bien vivante, la hockeyeuse Danielle Goyette. Originaire de ce petit coin de pays, l’athlète a une feuille de route aussi longue que la rue Principale et même si le hockey a forcé l’exil de l’athlète, elle n’a jamais oublié d’où elle venait.

Le dernier bain de foule de l’Olympienne à Saint-Nazaire d’Acton datait déjà de quelques années. Le rassemblement avait eu lieu en 2002, à la suite des Jeux Olympiques de Salt Lake City.

À ce moment, Danielle était venue célébrer avec son « monde » la première médaille d’or acquise par l’équipe canadienne de hockey lors du prestigieux tournoi olympique.

Reconnue pour ses indéniables qualités d’athlète, Danielle Goyette a aussi des valeurs bien ancrées qui lui ont été initiées dès son jeune âge. Généreuse, persévérante et respectueuse, elle se fait toujours un devoir de parler de ses origines lors de ses diverses allocutions. Et elle prend toujours le temps de discuter avec les gens qui s’intéressent à sa carrière. C’est donc avec grand bonheur qu’elle a renoué avec sa petite école et la population lors de son dernier passage à Saint-Nazaire d’Acton.

« Cette soirée-là a une signification bien spéciale pour moi puisque j’étais entourée de ma famille et de gens que je n’avais pas vus depuis de nombreuses années. Quand j’étais jeune, ma mère faisait le ménage de la petite école et je l’accompagnais. Ce sont des sœurs qui nous enseignaient et l’une d’elle prenait toujours du temps pour venir jouer au hockey ou au tennis avec moi. Quand j’ai quitté Saint-Nazaire, elle m’a donné un jeu de hockey sur table. Elle était étonnée que je me rappelle de cette histoire et pourtant, pour moi, c’est un souvenir très important. D’autres personnes m’appelaient « La Noire », un surnom que me donnaient les gens du village quand j’étais jeune. C’est comme si j’avais quitté la veille. Aucun malaise, aucune gêne, juste le bonheur de se revoir », résume-t-elle.

Dans la petite salle de l’école, il y avait aussi les Élites de l’Estrie, une formation féminine bantam AA, qui a tout raflé au cours de la dernière saison.

« Avant, je ne voulais pas parler de moi. J’étais gênée et je n’aimais pas me mettre à l’avant. Mais j’ai compris que je pouvais faire la différence. Je dis toujours que si tu veux être dentiste, tu dois parler à un dentiste alors si tu veux être une athlète olympique, tu dois parler à quelqu’un qui est passée par là. J’ai vécu beaucoup plus d’adversité et de moments difficiles qu’autre chose dans ma carrière, mais je le referais n’importe quand. C’est ce qui a forgé la personne que je suis devenue. À toutes les fois que j’ai la chance de parler à de jeunes hockeyeuses, je leur parle de l’importance de l’école. Plus leurs notes seront bonnes, plus elles auront le choix de fréquenter de bonnes universités puisque ce sont d’abord les résultats scolaires qui sont pris en compte. Elles n’ont pas à s’inquiéter. Si elles ont le talent pour monter, quelqu’un va les remarquer », insiste Danielle.

Célébrations et honneurs

Depuis sa retraite en 2008, Danielle Goyette a été honorée à plusieurs reprises en étant intronisée au Panthéon des sports du Québec, au Temple de la renommée de la Fédération internationale de hockey sur glace (IIHF), au Panthéon des sports canadiens et au Temple de la renommée du hockey. Dernièrement, un timbre à son effigie a été émis par Postes Canada et, en juin, elle sera honorée par l’Ordre du hockey du Canada.

« L’un de mes plus beaux souvenirs demeurera mon intronisation au Temple de la renommée puisque j’ai pu partager ce moment avec mes proches. Il manquait quelques personnes, mais c’était la première fois que plusieurs personnes de ma famille étaient là avec moi. C’était spécial puisque je pouvais aussi voir la fierté à travers leurs yeux et leurs réactions », confie-t-elle.

Un message important

Depuis dix ans, Danielle Goyette dirige les Dinos de Calgary, une équipe de hockey féminin universitaire. Les hockeyeuses qui jouent sous ses ordres font des apprentissages importants au niveau hockey et, encore plus, sur le plan personnel. « Coach » Goyette est exigeante envers ses athlètes, mais elle est équitable.

« La nouvelle génération est vraiment différente. Beaucoup sont centrées sur elles-mêmes et sur leurs besoins. Moi, je veux que mes filles travaillent fort et qu’elles jouent en équipe. Je sais que si elles jouent pour moi pendant cinq ans, elles vont être meilleures au hockey. Mais ce que je veux, c’est qu’elles soient aussi de meilleures personnes. La ponctualité, le respect, la persévérance et le travail d’équipe sont des valeurs que je souhaite leur transmettre. Certaines sont nerveuses devant moi, mais ça ne doit pas être comme ça. Jamais je ne parle de moi ou de ma carrière. De plus, il est certain que je privilégie l’école au hockey. Jamais je n’exigerai d’une fille qu’elle rate un examen pour une partie de hockey. Très peu d’entre elles vont gagner leur vie avec le hockey, et l’école demeure donc prioritaire », explique-t-elle.

Hockey Canada

Danielle Goyette est de celles qui ont fait grandir le hockey féminin au Canada. Ces pionnières ont eu la vie dure, mais elles ont laissé leurs traces dans l’histoire sportive canadienne. Elles ont travaillé d’arrache-pied et elles ont souffert à l’entraînement, mais elles connaissent la « game ».

Aguerrie par ses trois participations aux Olympiques à titre de joueuse, elle y est retournée à titre d’entraîneur-adjointe en 2014. Retournera-t-elle un jour derrière le banc?

« Je ne ferme pas la porte à un éventuel retour comme entraîneur de l’équipe nationale mais, avant tout, Hockey Canada devra revoir sa façon de faire. Le monde du hockey est en perpétuel changement et il faut donc s’adapter. Si j’y retourne, c’est que je vais pouvoir apporter mes connaissances et ma vision du hockey », conclut-elle.

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