5 juin 2019
Son père n'a pas pu profiter de l'aide médicale à mourir
Chantal Bessette lance une pétition au nom de la dignité
Par: Alain Bérubé

Chantal Bessette, qui tient ici une photo de son défunt père Yves Bessette, a lancé une pétition afin d'élargir les critères d'admissibilité à l'aide médicale à mourir.

Encore ébranlée par le décès de son père, qui a choisi de mettre fin à ses jours après avoir vu sa demande pour l’aide médicale à mourir refusée, Chantal Bessette demande un élargissement de cette mesure. Cette résidente de Béthanie a lancé une pétition afin que le gouvernement du Québec révise les règles actuelles.

Atteint de la maladie de Charcot-Marie-Tooth, une forme avancée de dystrophie musculaire, Yves Bessette – qui vivait à Saint-Joachim-de-Shefford – a décidé d’en finir avec la vie en décembre, à l’âge de 70 ans.

« Mon père souffrait beaucoup trop. Il a pu travailler comme camionneur jusqu’à l’âge de 57 ans malgré sa maladie, mais c’était de plus en plus difficile pour lui de fonctionner normalement. Et en plus de ne plus avoir de motricité fine, mon père n’avait plus de force dans les jambes et tombait régulièrement. Il nous a quittés sans avertissement et ce fut évidemment un choc terrible pour toute la famille », affirme Mme Bessette.

L’aide médicale à mourir lui a été refusée, car selon la loi, le médecin doit pouvoir arriver à la conclusion qu’il ne reste que moins de 12 mois à vivre à la personne qui a fait la demande.

« Mon père rencontrait tous les autres critères, sauf celui-ci. Les gens atteints de maladies dégénératives n’ont actuellement pas droit à l’aide médicale à mourir. Certains optent pour la grève de la faim ou le suicide. Et deux citoyens, Nicole Gladu et Jean Truchon, touchés par ce genre de maladies, ont même contesté les lois canadienne et québécoise qui encadrent l’aide médicale à mourir », observe Mme Bessette.

L’instigatrice de la pétition préfère ne pas se fixer d’objectifs quant au nombre de signatures. Mais elle espère que cette initiative suscitera de vives réflexions.

La pétition demande notamment au gouvernement « de clarifier les critères de l’article 26 de la loi afin que les personnes en souffrances physiques et psychologiques puissent y être incluses ».

« S’il avait eu droit à l’aide médicale à mourir, tout se serait passé de manière plus douce et humaine, dans le respect et la dignité. Le processus était bien enclenché et on gardait espoir que ça se déroulerait bien. C’est vraiment tout un gâchis! », mentionne Chantal Bessette.

Cette dernière souhaite que la population réponde à l’appel afin de « faire bouger les choses ». En plus de quelques copies de la pétition en papier, on peut la signer sur Internet.

« Ça ne ramènera pas mon père à la vie, mais au moins, si on peut éviter de tels drames ailleurs, ce sera déjà une belle réussite. J’ai approché quelques députés, dont Véronique Hivon, qui est derrière la Loi concernant les soins de fin de vie au Québec, Danielle McCann, ministre de la Santé, et André Lamontagne, député de Johnson. J’ai bon espoir que ces gens seront à l’écoute », conclut Mme Bessette.

Pour signer la pétition – en ligne jusqu’au 15 juillet : www.assnat.qc.ca/fr/exprimez-votre-opinion/petition/Petition-7767/index.

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