16 mars 2022
Pour éviter des problèmes d’approvisionnement d’eau
Béthanie demande un moratoire sur l’agrandissement d’une porcherie
Par: Alain Bérubé

La Municipalité de Béthanie, qui a vécu l’an dernier une sécheresse privant d’eau potable une partie de ses citoyens, demande un moratoire sur un projet d’agrandissement d’élevage porcin sur son territoire afin d’éviter une autre situation du genre.

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Le maire Michel Côté et l’ensemble du conseil municipal de Béthanie lancent un appel aux autres municipalités du Québec, par le biais de l’UMQ et de la FQM, afin qu’elles appuient leur demande acheminée aux ministères de l’Environnement et de l’Agriculture.

« Nous demandons au moins un moratoire d’un an, le temps que des études sérieuses et crédibles sur l’eau soit faites de manière transparente dans le respect des normes scientifiques. On veut également que soient établies des mesures de mitigation, comme une séparation des lisiers et des eaux pour récupérer des eaux grises », mentionne M. Côté.

Le maire de Béthanie souligne que plusieurs communautés rurales manquent parfois d’eau.

« Dans notre cas, plusieurs puits étaient à sec entre juillet et septembre l‘an dernier. C’est un problème majeur pour les familles et les agriculteurs. Avec les changements climatiques, ça peut certainement arriver de nouveau dans un avenir rapproché », soutient-il.

La Municipalité craint que l’agrandissement d’une porcherie située à Béthanie contribue à aggraver le problème.

« Les conséquences de telles installations créent une charge sur les communautés touchées, ce qui peut engendrer ou accélérer une dévitalisation et avoir une influence sur les finances parfois minces de ces municipalités », déclare M. Côté.

Le maire de Béthanie indique que l’entreprise Olymel, qui détient cette porcherie, pourrait pomper jusqu’à 379 000 litres d’eau quotidiennement dans les réserves communes de la municipalité. Cela équivaut, selon lui, à la consommation de presque 250 familles, ce qui dépasse la population de Béthanie.

« Cette entreprise n’est pas impliquée dans le milieu et aucun employé ne demeure ici. De plus, elle ne nous a pas informés de son projet. Pour en savoir plus, on doit faire appel au ministère de l’Environnement. Et l’industrie porcine du Québec profite davantage à l’exportation chinoise. J’espère que le ministre de l’Agriculture et député de Johnson, André Lamontagne, défendra notre dossier et l’ensemble des communautés rurales, les agriculteurs québécois, le sol et les eaux du Québec contre le trust porcin qui alimente la dictature chinoise », conclut-il.

Un ton rassurant chez Olymel

Richard Vigneault, porte-parole et responsable des communications corporatives d’Olymel – propriétaire de la porcherie qui appartenait autrefois à F. Ménard – se montre rassurant et ouvert au dialogue.
« Je suis surpris, car le projet avait été accepté par l’ancien conseil municipal. Mais il me fera plaisir d’organiser une rencontre avec le maire Côté et le conseil municipal. On a fait nos devoirs, en obtenant entre autres les autorisations nécessaires des ministères concernés par le projet », soutient-il.

M. Vigneault ajoute qu’une consultation publique pourra éventuellement permettre à la population d’en savoir plus sur le projet.

« On veut vraiment faire les choses correctement, en toute transparence », dit-il.

Interpellé par le maire de Béthanie, le député André Lamontagne soutient être bien au courant du dossier.

« J’ai déjà discuté de ce sujet avec M. Côté et nous avions une rencontre lundi. Je comprends très bien l’inquiétude qui règne à Béthanie. Je tâche d’avoir le plus de réponses possibles afin d’en arriver à une solution, tout en étant constamment à l’écoute. J’ai confiance que les promoteurs feront les efforts nécessaires afin que le projet soit bien accepté par la communauté », déclare-t-il.

Le bureau du député fédéral de Saint-Hyacinthe-Bagot, Simon-Pierre Savard-Tremblay, assure que la situation sera suivie de près et avec intérêt.

 

Michel Côté

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